Mais qui donc était Jean Rey ?
REY est un patronyme fort connu au Bugue. On trouve depuis des temps fort anciens, des marchands, médecins et notaires royaux portant ce patronyme.
Le Jean REY qui nous occupe est fils de Jean Rey marchand au Bugue et de Perrine Issartier. Ce couple avait trois fils, Jean Rey, l'aîné, maître de forges (forges de Mauzens et Miremont et du Bugue), Jacques Rey et notre Jean Rey, né aux alentours de 1584. Ce dernier, fit d'abord ses études à Montauban jusqu'à obtenir le titre de maître és arts de l'Académie de Montauban, puis entra à la faculté de médecine de Montpellier le 22 novembre 1605. Il obtint son diplôme de médecin le 20 mai 1609. Il exerça ensuite au Bugue comme médecin, tout en réalisant des expériences sur les métaux au sein des forges familiales. Jean Rey était donc médecin, mais aussi un esprit curieux et un fin observateur qui, comme nous allons le voir, devançait son siècle.
|
Son oeuvre :
Essays de Jean Rey, docteur en médecine, sur la recherche de la Cause pour laquelle l'Etain et le plomb augmentent de poids quand on les calcine, publiés en 1630.
Jean Rey dédia ses travaux au haut et puissant seigneur Frédéric-Maurice de La Tour, duc de Bouillon, prince de Sedan, qui avait en apanage la baronnie de Limeuil, dont dépendait le Bugue, lieu de naissance de Jean Rey.

|
Au XVIIème siècle, parmi les quatre élements connus, la terre, l'eau , l'air et le feu, seuls les deux premiers étaient considérés comme pesants. Les deux derniers étant qualifiés d'impondérables. Les travaux de Jean Rey sur l'oxydation ont eu lieu pour tenter de répondre à une question posée par un ami, Brun, apothicaire de Bergerac. La question était de savoir pourquoi certains métaux, quand on les chauffe augmentent de poids.
Voilà la réponse de Jean REY: le surcroit de poids vient de l'air

Voici l'histoire de ce petit livre:
Publié à Bazas en 1630 il resta peu connu, sinon à peu près ignoré. Imprimé à frais d'auteur, et probablement grâce à l'aide financière du duc de Bouillon à qui il est dédié, il fut sans doute tiré à un très petit nombre d'exemplaires et devint tout de suite très rare.
En 1775, Bayen, chimiste français, découvrit de livre dans la bibliothèque royale, alors que Lavoisier venait de faire part à l'Académie de ses conclusions sur la pesanteur de l'air. Il fait part de sa découverte à Rozier alors directeur de la publication du Journal de Physique, dans une lettre où il désigne Jean Rey comme le précurseur de Lavoisier.
En 1777, une réimpression fut réalisée par Gobet, un ami des Sciences et des Lettres.
Une édition nouvelle avec commentaire des Essays fut publiée en 1907 par Maurice Petit, pharmacien de première classe (Librairie scientifique A. Hermann, Paris)
Il fut également traduit en anglais, puis réédité en fac similé par Douglas Mckie en 1953 (un exemplaire se trouve au British Museum) . Actuellement seuls sept exemplaires sont connus.
|