DE LA CULTURE DU TABAC EN PÉRIGORD ET DES AVANTAGES DE CETTE CULTURE POUR LA PETITE PROPRIÉTÉ
Annales de la société d'agriculture Sciences et Arts de la Dordogne XX, 1859
L'expérience de la plantation du tabac qu'on vient de faire en Périgord avec un succès qui a dépassé toutes les prévisions... il reste un bénéfice net, par hectare, d'environ 750 fr., somme qui représente plus du double d'une excellente récolte en maïs, peut-être même plus du triple.
Tout le monde sait que le tabac se sème sur couche, qu'il se repique en quinconces, qu'il exige plusieurs labours (sarclages, buttages ou binages), qu'il faut dècimer, le pincer ou ébourgeonner, l'effeuiller par le bas pendant qu'il est sur pied. Or, tout cela ne pouvant être bien fait qu'à la main, non-seulement ne demande le secours d'aucune machine, mais encore le repousse. Quand la plante est mûre, il faut la récolter, la faire sécher; détacher les feuilles de la tige, les manoir et les empaqueter. Comme les premières opérations, celles-ci ne peuvent pareillement s'exécuter qu'à la main. A part donc une bonne charrue pour préparer la terre, la production du tabac n'exige rien de cet outillage extraordinaire et dispendieux que la grande culture emploie pour l'exploitation des terres, et que le petit propriétaire ne peut pas se procurer. Le tabac est par conséquent la plante propre par excellence à la petite culture, et doit être considéré comme un immense bienfait pour le Périgord , pays essentiellement voué à la petite culture.